ovulide se nourrissant sur une gorgone

"escargot de mer" de la famille des ovulidae sur une gorgone (corail mou). Une trouvaille étonnante des ces eaux froides souligne le Dr Alvar Carranzan qui compare cela à "tomber sur une girafe en Antarctique". Photo prise lors d'une plongée dans le canyon sous-marin de Cabo Polonio. CREDIT: ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute CC BY-NC-SA

Les expéditions du Schmidt Ocean Institute sont toujours merveilleuses à suivre. Celle du mois de septembre en Uruguay n’a pas dérogé à la règle. Elle a notamment permis d’explorer les récifs coralliens profonds au large du pays. Un monde inexploré dont la vie foisonnante a étonné les scientifiques qui ont pu repéré de nouvelles espèces et des présences inattendues à ces profondeurs.

Le Dr Alvar Carranza et son équipe ont repéré ces récifs coralliens pour la première fois en 2010 grâce à des techniques de cartographie. L’expédition a pu se faire à partir du Falkor, le paquebot du Schmidt Ocean Institute avec leur robot sous-marin télécommandé (ROV) SuBastian. L‘équipe a observé une faune marine variée, composée d’espèces tempérées et subtropicales, favorisée par la rencontre des courants d’eaux chaudes et froides au large des côtes uruguayennes.

Le véhicule sous-marin télécommandé (ROV) SuBastian lors de son lancement depuis le bateau de recherche Falkor Vessel Image credit: Alex Ingle / Schmidt Ocean Institute CC BY-NC-SA

Trace du passé

Cette expédition est aussi la première à explorer l’épave du ROU Uruguay , un destroyer de classe Cannon qui a servi initialement sous le nom d’USS Baron durant la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis l’ont cédé à l’Uruguay en 1952. Le pays continua de l’utiliser comme navire de patrouille et d’entraînement avant de le couler lors d’un exercice naval en 1995.

Epave du ROU Urugay colonisé par les coraux

Les coraux ont colonisé l'épave du ROU Uruguay. CREDIT: ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute CC BY-NC-SA

 « On s’attend toujours à faire des découvertes inattendues, mais la diversité et la complexité de ce que nous avons trouvé ont dépassé toutes nos espérances », a déclaré le Dr Alvar Carranza, chef scientifique de l’expédition et membre de l’Universidad de la República et du Centro Universitario Regional del Este

Inédit !

A ce jour, un seul écosystème marin vulnérable est confirmé en Uruguay. Cette expédition apporte la preuve que c’est surtout parce que les zones marines ont été sous-explorées. En 29 jours, les scientifiques ont découvert au moins 30 espèces potentiellement nouvelles, dont des éponges, des escargots et des crustacés. Elle a également recensé des centaines d’espèces jamais observées auparavant dans les eaux uruguayennes, comme le calmar de verre, la pieuvre Dumbo (Grimpoteuthis) et le poisson-trépied. Plusieurs associations et observations rares ont aussi pu être faites comme des zones de suintements froids  – zones du plancher océanique où des fluides riches en hydrocarbures comme le méthane et le sulfure d’hydrogène s’échappent à basse température (< 40 °C) du sous-sol marin. Sur ces zones des associations de vers et de coraux se forment : des vers chimiosynthétiques ( Lamellibrachia victori ) développent des monticules à proximité de coraux d’eaux profondes. À mesure que la source de méthane vieillit, les vers creusent plus profondément pour puiser de l’énergie, tandis que des bactéries transforment les sédiments meubles environnants en roche dure, sur laquelle le corail se fixe et se développe.

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Vous en voulez plus ?

Vous pouvez regarder cette courte vidéo (4 mn) du Schmidt Ocean Institute sur Youtube (en espagnol sous-titré en anglais)

Méduse australienne bioluminescente Phyllorhiza punctata<br />
sous l'eau