Persévérance, la science au service de la Terre
Persévérance embarque de nombreux équipements scientifiques permettant d'étudier l'air, l'eau, les animaux du plancton aux mammifères.
« Je me souviens quand on partait avec Antarctica, les chercheurs venaient avec leurs équipements dans des valises. Aujourd’hui ça rentre dans de boîtes de chaussures ! » souligne l’oeil pétillant Jean-Louis Etienne. « Tout cela est automatisé et on reçoit et communique des données en continu depuis le bateau« .
En effet, Persévérance est un bateau hyperconnecté. Il dispose d’une connexion avec un ensemble de réseaux de communication satellitaires (Iridium, Starlink, Vsat et Oneweb) – « et je peux vous dire que ça coûte cher » ajoute l’explorateur.
Données de base
Le bateau est équipé d’une station météo complète de type Mercury de Météo France, comme celles qui équipent la flotte océanographique française de l’Ifremer comprenant : thermomètre/hygromètre ; capteur de pression, sonde de température eau de mer (montée sur la coque), capteur d’ensoleillement (pyramomètre), anémomètre à ultrason (sur le mat pour mesure la vitesse et la direction du vent). Des bouées dérivantes Mercury complètent l’équipement du navire.
En matière de biogéochimie, une Ferry box 4H de Jean assure les analyses essentielles (salinité, température, PCo2, O2 dissout, acidité/pH, chlorophylle alliées à leurs données temporelles et géographiques)
Grâce à un courantomètre acoustique à effet Doppler (ADCP), il est possible de capter la vitesse et la direction des masses d’eau dans la colonne d’eau, révélant la circulation sous-jacente, les fronts, les tourbillons et la complexité des flux dans les premières centaines de mètres.
Bloom phytoplanctonique au large de Benguela (Angola). A gauche, une image satellitaire du plancton en "vraies"couleurs - A droite, la traduction après traitement de l'image par un algorithme du satellite PACE permettant la mise en évidence de plusieurs espèces phytoplanctoniques
@NASA / PACE
Equipements spéciaux et programmes
On ne peut évidemment pas lister l’ensemble des équipements et des programmes scientifiques embarqués tant ils sont nombreux mais certains ont cependant retenu notre attention par leur originalité.
Un capteur à muons
Eh oui, Persévérance va aussi faire de la physique des particules. Objectif de capteur à muon : fournir des données sur la dynamique des muons sur les oc. Les muons pourraient d’ailleurs devenir des éléments importants en océanographie puisque un système de guidage basé sur les muons est à l’étude par des chercheurs japonais (voir cet article de GEO)
Colorimétrie, aérosol et phytoplancton
Trois programmes pourront être couplés pour croiser leurs données. D’une part un programme d’étude du plancton avec une récolte en continu.
D’autre part, l’alimentation en données terrain du satellite PACE de la Nasa. Ce dernier réalise des mesures de la colorimétrie de l’océan en vue de surveiller l’activité biologique de celui-ci. Grâce aux données terrains fournies par Persévérance, il pourra affiner les analyses de ses observations.
En parallèle, le Laboratoire d’optique atmosphérique (LOA) du CNRS de Lille va installer un photomètre solaire-ciel pour la mesure des aérosols. C’est la première fois qu’un tel capteur sera installé sur un voilier. Ces données pourront aussi fournir des indications pour la colorimétrie de PACE – les aérosols ayant une influence sur la couleur des élements.
